Que bâtir sur les coeurs est une chose sotte;
Que tout craque, amour et beauté,
Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte
Pour les rendre à l'Eternité!»
Que tout craque, amour et beauté,
Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte
Pour les rendre à l'Eternité!»
J'ai souvent évoqué cette lune enchantée,
Ce silence et cette langueur,
Et cette confidence horrible chuchotée
Au confessionnal du coeur.
Ce silence et cette langueur,
Et cette confidence horrible chuchotée
Au confessionnal du coeur.

[o tanto, do tanto impossível, o tornado caminho em desalinho, ordenado por Baudelaire]
ResponderEliminarum abraço, Amanda
Leonardo B.
Quand je regarde la lune, je suis toujours ébloui par un vague sentiment de tristesse:
ResponderEliminarApparition
La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
- C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
------Stéphane Mallarmé
Tristesses de la lune
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins,
Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.
— Charles Baudelaire
On va chercher le soulagement dans l’obscurité, “tant l’écheveau du temps lentement se dévide”(Baudelaire).
Cependant il n’est pas requis de se plomber dans la nuit pour sentir l’obscurité. Il suffit seulement de fermer les yeux....
The man who cannot quietly close his eyes,
certain that there is a vision after vision,
inside, simply waiting until nighttime
to arise all around him in the darkness—
it’s all over for him, he’s like an old man.
Nothing else will come; no more days will open,
and everything that does happen will cheat him.
even you, my God. And you are like a stone
That draws him daily deeper into the depths.
-Rainer M. Rilke(from Das Stundenbuch)