martes, 17 de mayo de 2011

J'ai souvent évoqué cette lune enchantée...


Que bâtir sur les coeurs est une chose sotte;
Que tout craque, amour et beauté,
Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte
Pour les rendre à l'Eternité!»

J'ai souvent évoqué cette lune enchantée,
Ce silence et cette langueur,
Et cette confidence horrible chuchotée
Au confessionnal du coeur.

2 comentarios:

  1. [o tanto, do tanto impossível, o tornado caminho em desalinho, ordenado por Baudelaire]

    um abraço, Amanda

    Leonardo B.

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  2. Quand je regarde la lune, je suis toujours ébloui par un vague sentiment de tristesse:

    Apparition
    La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
    Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
    Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
    De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
    - C'était le jour béni de ton premier baiser.
    Ma songerie aimant à me martyriser
    S'enivrait savamment du parfum de tristesse
    Que même sans regret et sans déboire laisse
    La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
    J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
    Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
    Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
    Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
    Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
    Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
    Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
    ------Stéphane Mallarmé

    Tristesses de la lune
    Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
    Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
    Qui d'une main distraite et légère caresse
    Avant de s'endormir le contour de ses seins,

    Sur le dos satiné des molles avalanches,
    Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
    Et promène ses yeux sur les visions blanches
    Qui montent dans l'azur comme des floraisons.

    Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
    Elle laisse filer une larme furtive,
    Un poète pieux, ennemi du sommeil,

    Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
    Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
    Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

    — Charles Baudelaire

    On va chercher le soulagement dans l’obscurité, “tant l’écheveau du temps lentement se dévide”(Baudelaire).

    Cependant il n’est pas requis de se plomber dans la nuit pour sentir l’obscurité. Il suffit seulement de fermer les yeux....
    The man who cannot quietly close his eyes,
    certain that there is a vision after vision,
    inside, simply waiting until nighttime
    to arise all around him in the darkness—
    it’s all over for him, he’s like an old man.

    Nothing else will come; no more days will open,
    and everything that does happen will cheat him.
    even you, my God. And you are like a stone
    That draws him daily deeper into the depths.

    -Rainer M. Rilke(from Das Stundenbuch)

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